Tafta : « Les multinationales américaines auront l’avantage du dollar »

Article publié originellement dans Marianne le 10/04/2015 – Entretien avec Frédéric Farah

Coralie Delaume : On n’entend plus beaucoup parler du Tafta depuis quelques temps. Pourtant, lorsque les négociations ont été lancées, le calendrier était très ambitieux. Il s’agissait de conclure un accord dès 2015 — c’est à dire cette année. Où en est-on des négociations entre la Commission européenne et les États-Unis ?

Frédéric Farah : Les négociations continuent. Un nouveau cycle de négociation est attendu pour le 20 avril à Washington, il fait suite à celui qui s’est tenu à Bruxelles en février. Dans le langage du droit international, il n’y pas encore consolidation des positions, c’est à dire on n’en est pas à la rédaction des articles, ou des dispositifs précis. Il y a eu un temps d’arrêt au milieu de l’année 2014, le temps que la Commission Européenne se renouvelle et que les élections américaines dites des midterms passent. Obama est désormais en cohabitation, mais rien de bien étonnant dans le paysage américain. Le calendrier devrait conduire jusqu’à la fin de 2015 voire début 2016. Mais rien ne dit que le processus ne connaisse une sortie de route. La Commission de Bruxelles a admis le 30 mars que le traité ne sera pas prêt pour 2015.

Thomas Porcher : Le projet du grand marché transatlantique est en préparation depuis plus de vingt ans, mais il a subi une nette accélération depuis 2009. Cette accélération des négociations s’est faite dans un contexte de bouleversement économique et géopolitique mondial avec la montée en puissance de la Chine et d’autres pays émergents. De manière générale, j’ai l’impression que le rythme des négociations dépend largement du bon vouloir des américains. Lorsqu’ils tentaient de faire un G2 avec la Chine, le projet du marché transatlantique était au point mort.

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